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23 mars 2013

Humeur noire

Non, je ne suis pas cyclothymique !

Mais, hier, sur la lancée de mon excellente humeur de ce début de printemps, j'ai consacré mon après-midi au sauvetage de mon gilet, vous savez, celui dont les teintes ne me plaisaient pas.
N'ayant trouvé parmi vous aucun amateur soit de taille 44 soit de marbrures violettes, j'ai tenté le tout pour le tout : la teinture.

Le matériel réuni, les consignes lues et relues, gantée, tablier enfilé, je procède au mélange.



Ne vous fiez pas à la photo, le sel fixateur ne sert à rien dans cette recette car la teinture IDEAL pour laine n'est pas liquide mais en poudre ... en fait, à la fin du billet, vous verrez que rien ne sert à rien, sauf l'expérience !



L'encre de seiche étant reconstituée (si ça se trouve, on se sert réellement de cette substance pour teindre en noir ... ici, cela y ressemble drôlement), on la dilue et on trempe son ouvrage dedans, le coeur un peu serré tout de même. Et on met à chauffer, lentement car il est bien précisé que la laine a horreur des chocs thermiques. Et on brasse, on tourne, on remue pour que la teinture soit bien homogène.



Et c'est long ... la légère ébullition attendue arrive 1h30 après le début des opérations. Alors pour passer le temps, il n'y a pas 36 possibilités pour main gauche : Pinterest ! Yehhh ! J'ai déjà testé, on peut y passer des heures entières sans s'en rendre compte. Exactement ce qu'il me fallait hier après-midi car la teinture c'est monotone. Non, l'essuie-tout n'a pas pour vocation de masquer la marque de mon portable, mais de le protéger des projections. Vous noterez aussi qu'il reste immaculé quand le track-pad essuie une gouttelette noire ! Whouai, faut zoomer.



Le temps de cuisson étant atteint, il faut laisser refroidir le bain et le gilet lentement ... et continuer de brasser ... mais là, j'ai capitulé. Mon brassage ne fut qu'épisodique. Oui, oui, mea culpa, mon endurance légendaire à tricoter des centaines de pelotons, à détricoter des kilomètres de laine parce que je me suis trompée de taille - toujours le même gilet maudit, à broder au petit point, mon endurance quasi bestiale n'y a pas suffi !

Et puis vint ma phase du procédé préférée : le rinçage ! Or, le mode d'emploi ne dit rien de la protection nécessaire des éviers, robinets, plan de travail de la cuisine. Allez donc mettre des gants et un tablier à une cuisine ! Pourtant, sauf à avoir opté pour une déco "mouchetage noir", l'opération est très risquée, d'une part pour transférer le gilet dans sa bassine et d'autre part pour vider les 10 litres d'humeur noire dans l'évier. Pour tout vous avouer, je suis encore à étudier les solutions de nettoyage de ma cuisine très affectée par son après-midi d'hier.

Alors, on rince ... un grand nombre de fois.



Et on met à sécher à plat.

Et, on se lève le lendemain pour admirer le résultat. Pffft ... avec un P comme Punaise !!!!! et des f comme ffffffeutrage et un t comme comme taches de teinture puisque le bain ne semble pas avoir agi de manière homogène.



J'aurais dû m'en douter. D'ailleurs, il y a quelques années, j'avais renoncé aux teintures capillaires maison pour des raisons de faïences mouchetées et de serviettes éponges foutues. Peut-être aurais-je dû emmener mon gilet chez le coiffeur ?

Bon week-end !

Et je crois que je vais offrir une décoloration à la cuillère brune.